dimanche 5 juillet 2009

Houle la la

Vous n'êtes pas sans ignorer que les photos amateurs entre autre prennent relativement mal la réalité. C'est surtout le cas quand on cherche à saisir des hauteurs ou des profondeurs. Ainsi la suffocation que provoque les montagnes ne saurait se retranscrire véritablement dans les images de ces dernières. D'où l'intérêt de vivre le plus possible sois même les choses plutôt que par procuration.

Avec cette photo ci, croyez moi sur parole, nous sommes bien loin de la réalité. Des rouleaux titanesques, de l'écume envahissante, la mer s'était libérée de ses chaînes et les avaient envoyé valser loin, très loin dans le ciel. Nous étions happés par sa beauté monstrueuse, par sa furie sublime. Parfois, elle faisait soulever sa peau entière pour révéler au grand jour des rochers noyés. Elle balançait ses assauts répétés sur la plage avec ambition. Cette mer qui voulait être terrestre.

Irrésistible, nous avions entrepris de la "piétiner" gentiment. Avec de l'eau jusqu'aux chevilles, les plus grosses attaques nous parvenaient aux genoux. Nous ne nous inquiétions de rien. Ce qui fut une bienheureuse erreur. Avait-elle pris notre marche pour de la provocation, que notre mère à tous en était furieuse ? Car elle envoya une puissante lame, comme jamais je n'en ai vu, qui projeta ses molécules jusqu'à nos tailles. Et la surprise fut elle aussi de taille. Alors que nous nous remettions de cette vague bouillonnante d'énergie, cette dernière nous en redonna une couche par l'aspiration de l'océan. Et de nouveau, une multitude d'H2O pollués jusqu'au bas ventre. Grandiose.

Finalement, je ne suis pas certaine que cette mer fut en colère. Cela ressemblait davantage à un jeu. Essayez donc avec un yoyo de l'étirer à chaque coup le plus loin possible. La cordelette se tend et se rétracte. Ce n'est pas un élastique mais malgré tout la matière s'assouplie. Aussi peut être parviendrez vous à projeter le yoyo plus loin bien que les résultats ne soient pas observables. Bien ridicule est un yoyo comparé à la grandeur océanique. Quand l'océan décide de jouer et de balancer joyeusement son corps aussi loin qu'il le peut, les conséquences sont directement visibles.

Allez, encore un essai, puis tu viens te laver les mains...
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